Septembre 1914

Fin aout 1914, la 61e Division d'Infanterie de Réserve, dont fait partie le 219e RI, est rattachée à la 6e armée commandée par le général Maunoury. Le général Ebener prend le commandement des 61e et 62e Division d'Infanterie de Réserve.

LA BATAILLE DE LA MARNE

7 septembre 1914 - attaque du bois de Montrolle

Le 6 septembre, une contre-attaque allemande débouchant d' Etavigny et du bois de Montrolle menace le flanc gauche de la 7e armée. La 61e DI est chargée d'intervenir et de déborder l'aile droite ennemie.

 Le 7 septembre, le 219e régiment d'infanterie est acheminé en train à Nanteuil le Haudouin. Débarqué à 7 heures du matin, le régiment se  rend à pied à Villers Saint Genest ou il se positionne entre l'est du village et le lieu dit " Les Epinettes".

 C'est la que le capitaine Bournon, commandant la 18e compagnie, et le lieutenant Lamarque, commandant la 4e section de la 18e compagnie  sont tués par éclats d'obus.

 

En début d'après-midi, ordre est donné d'attaquer le bois de Montrolle ou le 316e RI est en difficulté suite à une contre-attaque allemande au moment ou ce dernier débouchait du bois. A 15 heures, le 5e bataillon part à l'assaut du bois par le nord tandis que le 6e bataillon attaque par le sud.

Au 5e bataillon, les 17e et 20e compagnies, sous la conduite des capitaines Beaulieu et Huvé, chargent trois fois à la baïonnette contre le nord du bois. A chaque fois repoussé par un ennemi solidement retranché dans le bois, le 5e bataillon se replie ainsi que le 316e RI. Les allemands, ainsi dégagé des menaces coté nord, portent alors tous leurs efforts sur le 6e bataillon qui avait presque atteint la lisière est du bois de Montrolle. Le bombardement, qui n'a pas cessé de la journée, et les mitrailleuses ennemies font un ravage dans les rangs du 219e RI. Malgré l'envoi de renforts, l'attaque échoue. Au soir, la situation devenant intenable, ordre est donné de se replier sur Nanteuil le Haudouin ou le 219e RI bivouaque pour la nuit. La 61e DI, tous régiments confondus, s'endort pêle-mêle à même le sol dans la plaine.

Pendant ce temps là, le prêtre brancardier S... P... part à la recherche des blessés:

"......Le soir du premier jour de la bataille, je fus prendre des blessés au delà du village de Villers Saint Genest. Les balles sifflaient, les canons tonnaient. Le capitaine qu'on m'avait signalé comme blessé était mort, et à côté de lui je trouvais un soldat de L... dont les blessures étaient affreuses à voir. Après l'avoir confessé et lui avoir fait les pansements nécessités par son état, je le ramenai à l'une des maisons du village. Déjà il s'y trouvait de nombreux blessés et il en arrivait toujours, et comme la nuit était venue, il était impossible de les évacuer. C'est dans cette maison, à une faible distance de l'ennemi, que je passai la nuit avec un confrère et un infirmier. Pour éviter une surprise de l'ennemi, nous nous couchâmes derrière la porte et attendîmes la mort ou... le lendemain. Le lendemain arriva, mais aucun secours ne vint avant trois heures de l'après-midi. Entre trois et quatre heures, une automobile put parvenir jusqu'à nous et emporter une partie des blessés. Mais le danger étant trop grand, elle ne retourna plus après son premier voyage. A quatre heures, des voiturettes à brancards arrivèrent, et neuf blessés étaient chargés quand un obus éclata tout près de nous, d'où panique... Juste au moment ou je chargeais le dernier blessé, un autre obus tomba sur la maison et fit voler les vitres en éclats... Nous partîmes sous le feu....."

8 septembre 1914 - En attente face à Betz et Macquelines

La mission de la 61e DI est de coopèrer à l'offensive du 7e corps d'armée. La 121e brigade (264e, 265e et 316e RI) est en tête, la 122e brigade (219e, 262e et 318e RI) est en arrière en renfort.
Le 219e régiment d'infanterie quitte Nanteuil le Haudouin à 6 heures 15 et va prendre ses positions sur le plateau situé au Nord-Est de Boissy et Fresnoy, face à Betz et Macquelines. La journée se passe en attente sur ce plateau ou les hommes subissent un bombardement continuel.
A 20 heures, ordre est donné au régiment d'aller bivouaquer pour la nuit à Boissy.

9 septembre 1914

Tôt le matin, le 219e régiment d'infanterie reprend ses positions de la veille. Des 8 heures, le bombardement ennemi recommence.
A midi, il reçoit l'ordre de se replier sur Fresnoy en vue de l'offensive allemande qui se prépare sur cette localité. Le combat fait rage. Menacé sur son flanc gauche, le régiment a ordre de se replier sur Chevreville derrière le 4e corps d'armée qui combat les troupes ennemies à Nanteuil le Haudouin.
A 22 heures 30, ordre d'aller cantonner à Saint Pathus ou le 219e RI arrive à 3 heures du matin le 10 septembre 1914.

LA RETRAITE DE L'ENNEMI

Du 10 au 12 septembre, le 219e régiment d'infanterie marche sur les talons de l'ennemi qui retraite.
Dans la nuit du 12 au 13, alors qu'il se trouve à Jaulzy, le 6e bataillon passe l'Aisne au moyen d'un bac et s'installe défensivement afin de protéger les troupes du génie qui doivent établir un pont pour remplacer ceux détruits par les allemands. Il est rejoint des le lendemain matin par le 5e bataillon. Placé sur le plateau de Bitry, le 219e a pour mission de protéger la 61e division d'infanterie qui traverse à son tour l'Aisne. Ce plateau est constamment bombardé par l'artillerie lourde ennemie qui, placée sur les hauteurs, couvre la retraite de ses troupes. Une fois la division passée, le régiment se rend à Saint Pierre les Bitry et, malgré le feu ennemi, parviens à gagner l'est de Moulin sous Touvent que le 318e RI occupe. Les hommes, harassés, affamés, trempés par la pluie qui tombe sans arrêt depuis le matin, retournent passer la nuit à Saint Pierre les Bitry.
Le 14, ordre de se porter sur la ferme Mouffaye à proximité du ravin de Bonval au sud d'Autrèches, mais l'intense feu ennemi empêche toute avancée. La nuit se passe à Bitry.
Le lendemain, le 219e RI se rend de nouveau à la ferme Mouffaye. A 16 heures, le 6e bataillon tente de s'infiltrer vers le nord. Il est arrêté une heure plus tard à Bout de Vaux par une forte résistance ennemie. La nuit se passe sur les positions de combats. Le 16, le 5e bataillon, qui était à la ferme de Mouffaye, viens relever le 6e sur ses positions et résiste aux attaques ennemies. Le soir du 19, le 6e bataillon vient à son tour relever le 5e.
Le 20 septembre, à 3 heures du matin, nouvelle attaque allemande qui s'empare de Bout de Vaux alors tenu par le 42e RI qui bat en retraite. A sa gauche, le 219e RI résiste jusqu'à 13 heures au prix de lourdes pertes. Le Lieutenant de Kermoysan, seul officier valide au 6e bataillon, voyant la situation désespérée, rassemble les hommes qui restent et se replie sur la ferme Mouffaye. A 16 heures, le 5e bataillon va occuper la ferme de la carrière Saint Victor. Attaqué une demi-heure plus tard par un ennemi très supérieur en nombre, il décroche à son tour sur la ferme Mouffaye. Pour cette journée du 20, les pertes du 219e régiment d'infanterie sont de 13 tués et 180 blessés, disparus ou fait prisonniers (Chiffres extrait du JMO).

Très éprouvée par ces derniers jours de combats, la 61e division d'infanterie est placée en seconde ligne le 21. Le 219e régiment d'infanterie va à Berneuil sur Aisne.

23 septembre 1914 - Protection du flanc droit de la 14e division d'infanterie.

La 61e DI est mise à la disposition du 7e corps d'armée. La 122e brigade (219e, 262e et 318e RI) a pour mission de flanquer la droite de la 14e DI qui va attaquer sur la ferme Saint Victor et Autrêches. Le 219e régiment d'infanterie doit se rendre à la cote 150 qui se trouve à deux kilomètres au nord ouest de Nouvron. Fortement bombardé lorsqu'il traverse le village de Berry, le régiment subit de lourdes pertes.
A 14 heures, il part à l'attaque de la cote 128 en direction du nord. Devant les bons résultats obtenus, l'attaque est suspendue à 16 heures. Les hommes restent sur leurs positions jusque dans la soirée ou deux compagnies restent tenir les avant-postes à Vingré pendant que le reste du régiment se rend à Berry.

Les jours suivants, le 219e RI passe en réserve du 7e corps d'armée, prêt à intervenir si besoin.

Le 30 septembre, le régiment revient à la 61e DI et doit relever le 361e RI dans les tranchées du plateau de la ferme de l'arbre face à Touvent. L'après-midi, une attaque est lancée afin de tenter d'étendre le front sur Touvent et Moulin sous Touvent. C'est un échec et le 219e RI passe la nuit sur ses positions de combats.
Cette attaque sera poursuivie le lendemain sans plus de succès... Les allemands tiennent solidement leurs tranchées, c'est le début de la guerre de position.

 

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Sources : JMO de la 61e DI, de la 122e brigade et bien sur celui du 219e RI.
La semaine religieuse du diocèse de Quimper et Léon.
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Commentaires (1)

1. christian 31/05/2011

bonsoir
apres le 19 eme tres riche voici le 219eme qui promet
bonne chance au 2.19
bien cordialement

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