Historique du régiment pour l'année 1917

Extrait de l'historique du 219e régiment d'infanterie pendant la guerre 1914-1918

Le Régiment commence l’année dans les tranchées du secteur de Mareuil-la-Motte.
Du 1er au 18 janvier, occupation du secteur sans indident. Le 19 janvier, l’ennemi dirige un feu violent d’artillerie et de minen-werfers sur nos premières lignes. Le 20, après un nouveau bombardement, il essaie une attaque, à l’aube, qui échoue sous notre fusillade et la riposte de nos grenadiers,. L’ennemi est repoussé un subissant des pertes.
Ce secteur reste calme jusqu’au 12 février, date à laquelle le Régiment est relevé, et va cantonner à Arsy, Moyvillers et Grandfresnoy. Du 14 au 25 février, séjour aux cantonnements et instruction. Du 26 février au 5 mars, marches et manoeuvres de régiment et brigade.
Du 7 au 10 mars, le Régiment remonte aux tranchées dans le secteur de Mareuil-la-Motte. Le 13 mars, des renseignements font connaître que l’ennemi a commencé un repli et évacué une partie de ses positions avancées. Le même jour, une tentative de coup de main sur un de nos petits postes est repoussée. Le 14 mars, notre artillerie commence ses tirs de préparation et le Régiment prend ses dispositions d’attaque. Le 15, une reconnaissance trouve la première ligne abandonnée par l’ennemi. Le 16, à 6 heures 30, une reconnaissance atteint le sommet du Plémont. Elle est suivi dans la matinée par le 6ème bataillon qui, dans la soirée, atteint le coude de la route Thiéscourt-Lassigny. Le 17, reprise de la marche en avant. Le 6ème bataillon franchit la Divette. Il est soutenu en arrière et à droite par le 4ème bataillon. Dans la soirée, il s’établit pour la nuit à la lisière des bois Cécile et du Coucou.
La poursuite de l’ennemi en retraite continue dans les journées qui suivent. Le 18, le Régiment atteint le nord-ouest de Noyon. Le 19, la 61ème division reprend sa marche de Noyon sur Chauny, par brigades accolées. Le 219ème est en queue de la colonne gauche et stationne la nuit à Béthancourt, Caillouel, Neuflieux.
L’ennemi s’est retiré sur une ligne fortifiée sur le rive Est de l’Oise (ligne Hindenburg). Derrière lui, tout le pays qu’il a abandonné est dévasté. Tous les villages ont été détruits, tous les arbres ont été coupés au ras du sol. Le 20, des reconnaissances lancées par le Régiment prennent le contact de l’ennemi sur le front Fargniers, Quessy, Liesseliez, sans pouvoir franchir le canal de Saint-Quentin. Le 21, les premiers éléments du 6ème bataillon franchissent le canal et s’établissent à Quessy. Le 22, les sections des 23ème et 21ème compagnies qui essayent de déboucher de Quessy repoussent vers 10 heures, avec l’aide de la C.M. 6 une forte contre-attaque allemande qui se déclenche entre Quessy et Fargniers. Une nouvelle contre-attaque qui débouche au N.-E. vers 14 heures est arrêtée par nos feux et un barrage de 75. Le 23 et le 24, le 219ème progresse en combattant et atteint la vallée de l’Oise et Travecy.
Le 219ème est relevé dans la nuit du 24 au 25 par le 262ème et va cantonner à Villequier-Aumont, Rouez et Commenchon. Du 25 au 31 mars, travaux d’organisation du terrain.
Le 1er avril, la 61ème division est reportée au nord. Dans la nuit du 2 au 3, le 219ème est acheminé par Jussy sur Montescourt-Lizerolles. Dans la journée du 3, il enlève la cote 113, Cerisy. La Guinguette, sa gauche est arrêtée devant la ferme Lombay. Le 4 avril, il s’empare de la ferme Lombay, de Puisieux. Le 5 avril, deux contre-attaques allemandes sont repoussées par notre feu de F.M. et de mitrailleuses.
Ces journées ont été particulièrement pénibles en raison du mauvais temps persistant et de l’absence complète d’abris dans un terrain dévasté par l’ennemi en retraite. Le 6 avril, le 219ème est relevé par le 262ème.
Le 7 avril, la 122ème brigade est dissoute. Le 262ème passe à une autre division. Le 219ème reste à la 61ème D.I. Le général BULLEUX prend le commandement de l’infanterie de la 61ème division.
Dans la nuit du 7 au 8, le 6ème bataillon remonte en ligne en avant du front, La Folle-Puissieux ; le 4ème bataillon, en soutien, à Benay ; le 5ème bataillon, réserve de régiment, à Hinacourt. Le 8 avril, le chef de corps établit son poste de commandement à Cerizy. Le 9 avril, continuation des travaux défensifs.Le 10 avril, la 122ème brigade qui vient d’être dissoute et son chef le colonel DESTREMEAU, sont cités à l’ordre de la 61ème division. Le 11 avril, félicitations du général commandant le G.A.N.
A partir du 13 avril, l’ennemi occupant solidement la ligne Hindenburg sur laquelle il s’est replié, des travaux d’organisation de secteur sont entrepris sur le terrain conquis. La relève du Régiment en ligne a lieu tous les 18 jours. Le Régiment en réserve passe 9 jours à Remigny et environs (bois de Vieville et Gibercourt).
Le 30 avril, le lieutenant-colonel LE GALLOIS est cité à l’ordre de l’armée dans les termes suivants :
« Chef de Corps d’un dévouement et d’une activité infatigables. A par son impulsion personnelle et les heureuses dispositions qu’il a prises, obtenu avec son Régiment un brillant succès en s’emparant d’une position à laquelle le commandement attachait un grand prix. Puis, reprenant le contact de l’ennemi, l’a talonné sans répit, délogé des solides points d’appui qui couvraient sa position et poursuivi jusqu’aux abords immédiats de cette position ».
Pendant les mois de mai et juin, les travaux d’organisation du sous-secteur sont poussés activement. Le 27 mai, deux déserteurs allemands du 185ème R.I. se rendent.
Le 23 juin, la 61ème division, relevée dans sa zone par des éléments des 121ème et 53ème divisions, passe au 11ème corps d’armée. Le 219ème gagne les cantonnements de Goancourt, Verlaines, Muille-Villette, Le Plessis-Patte-d’Oie. Du 24 juin au 14 juillet, séjour dans les cantonnements. Instruction, marches et manoeuvres. Le 15 juillet, le régiment remonte en secteur ; relève dans la nuit du 15 au 16 le 92ème R.I. dans le sous-secteur de Savy-Sud (devant Saint-Quentin). Du 16 juillet au 18 septembre, le Régiment occupe ce secteur, passant 18 jours en ligne et 9 jours en réserve dans les villages de Vaux, Fluquières, Etreilliers. Les hommes sont occupés à des travaux d’organisation de ce secteur repris à l’ennemi et occupé d’abord, après la poursuite, par la droite de l’armée anglaise.
Le 28 juillet, vers 1 h. 10, l’ennemi déclenche un tir violent d’artillerie et de minenwerfers sur nos premières lignes. A la faveur de ce bombardement, un détachement ennemi tente un coup de main sur deux de nos petits postes. Une contre-attaque immédiate exécutée par une section de la 23ème compagnie sous le commandement de l’adjudant Léost refoule l’ennemi dans ses lignes. Une patrouille lancée en avant de nos lignes ramène un soldat allemand très grièvement blessé, celui-ci meurt quelques minutes après son arrivée au poste de secours.
Le 20 août, vers 10 heures, deux déserteurs allemands se présentent devant nos lignes. Aperçus par une de nos sentinelles, ils sont cueillis et amenés au P.C. du chef de Corps. Ces deux hommes appartiennent au 452ème R.I. Ils déclarent avoir déserté parce que leur artillerie mal réglée, occasionnait des pertes dans leur compagnie.
Dans la nuit du 18 au 19 septembre, le Régiment est relevé des lignes par le 5ème R.I. (5ème division). Au moment où la 61ème division quitte le secteur de Savy, le général commandant l’I.D. 61 adresse ses félicitations pour les résultats obtenus en ce qui concerne l’exécution du programme d’organisation et du travail prescrit par la commandement.
Le 19 septembre, le 219ème est rassemblé pour être embarqué en camions-autos à destination de la région de Ressons-sur-Matz où se concentre la 61ème division qui opère un mouvement vers le sud, pour une période de grand repos. Du 21 au 26, le Régiment continue son mouvement vers le sud par voie de terre. Le 26, le 219ème arrive dans la région sud de Paris et prend possession des cantonnements qui lui sont affectés pour la durée du repos qui sont :
Sarcelles (S.-et-O.) E.M.- C.H.R.- 5ème bataillon.
Villers-le-Bel (S.-et-O.), 6ème bataillon.
Gonesse (S.-et-O.), 4ème bataillon.
En arrivant dans la zone de repos, le chef de Corps adresse à tous officiers, sous-officiers, caporaux et soldats du Régiment, le témoignage de sa satisfaction pour la belle tenue et l’entrain du Régiment au cours des marches effectuées du 20 au 26 septembre.
Du 27 septembre 1917 au 23 octobre le Régiment reste au repos dans la région de Paris.
Le 24 octobre, il embarque en chemin de fer à Goussainville et débarque à Emeville le 28 octobre, il est transporté en camions-autos à Chassemy (Aisne). Le 29 octobre il prend les tranchées au Chemin des Dames jusqu’au 20 décembre.
Le 219ème est au repos à Condé jusqu’au 5 janvier 1918, la 17ème compagnie est embarquée à Berzy-le-Sec à destination de Meaux (service de la gare).

Commentaires (4)

1. Maugars 11/10/2016

Gand merci pour votre travail

BAILLY Paul Marie Clément Etait au 219 RI
Croix de guerre ; médaille militaire (décret 11 avril 1930)

Cité à l’ordre du Rgt le 14 janvier 1919 « Blessé grièvement à Thuisy le 20 septembre 1914, revenu au front après guérison , a été évacué pour pieds gelés le 12 novembre 1916, s’est distingué aux combats d’avril à juillet 1917 »

2. seotons (site web) 31/01/2011

Merci pour ce blog :)

3. seotons (site web) 31/01/2011

Merci pour l'article :)

4. Claude Le Duigou 11/12/2010

Bonjour.
Le Groisillon Jean-Pierre Calloc'h, écrivain, sous-lieutenant au 219ème, a été tué à Urvillers (sud de Saint-Quentin) le 10 avril 1917.

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Date de dernière mise à jour : 15/03/2012

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